CR de Jean-Michel – Lieurac (Ariège) – le 27/03/2025 – menée par René.

CR de Jean-Michel – Lieurac (Ariège) – le 27/03/2025 – menée par René.

Dominé par la silhouette altière du Pog de Montségur et le massif de Tabe, irrigué par de nombreux ruisseaux et rivières (Hers, Touyre, Douctouyre…), recouvert de forêts profondes, le Pays d’Olmes s’offre à nous comme un résumé d’histoire et de géographie incomparable. Plus qu’ailleurs peut-être, l’histoire a ici façonné les paysages au point que l’on ne sait plus très bien qui de l’homme ou de la nature semble prendre le dessus.

Arrivés sur le parking enherbé situé à la sortie de Lieurac, le bruit de la rivière la Douctouyre couvre les discussions qui vont déjà bon train. Nous sommes 9 Floripèdes (4 patineuses, 5 cascadeurs) à nous équiper sous un manteau nuageux un peu épais, mais guère menaçant. Peu après le départ effectué sous les ordres de René, nous arrivons au Lieu-dit la Fount del Buc où se situe un jardin extraordinaire, fermé en ce moment. Toutefois, différentes statues en bois, des légumes oubliés qui pendent aux branches des arbres, activent notre imagination et interrogent notre sens artistique, alors que 9h sonne au clocher voisin de Carla de Roquefort.

A Moulin Neuf, nous empruntons le « rapaillou de la Caragasse », puis un sentier en forêt un peu boueux (ce n’est que le début). Rapidement, nous voilà à Roquefort les cascades. Mais qu’est ce qui a bien pu façonner ces impressionnantes cascades d’une trentaine de mètres de hauteur ? Et pourquoi la roche qui les compose est-elle aussi légère ? L’ensemble est, en fait, le résultat de phénomènes chimiques qui favorisent des dépôts de calcaire sur la végétation. Les cascades sont alimentées par les eaux de la Turasse qui regorgent de cette substance minérale (le calcaire). Les projections des chutes d’eau se déposent sur les mousses et les morceaux de bois et forment une croûte de couleur blanche ou beige. La dégradation des végétaux laisse progressivement place à de multiples petits trous et donne à la roche sa texture poreuse rappelant celle d’une éponge. On appelle cela le tuf et on parle de cascade tufière.

Après avoir longuement admiré cette curiosité géologique naturelle, dont la particularité tient au fait que les eaux sont non seulement chargées en gaz carbonique, mais aussi en sulfate de par leur proximité avec des formations de gypse, nous prenons la direction de Bac d’en Haut. Le sentier ressemble au lit d’un petit ruisseau et nous n’avons pas d’autre option que de bien étudier où nous posons nos pieds. Lorsque, plus loin, le chemin se transforme en torrent, le guide prévenant  trouve une solution qui nous permet de garder les pieds au sec afin de rejoindre le GR du Pays d’Olmes. A Tanière, comme il est midi, nous nous installons pour  le pique-nique, peu après la sortie du village, sur un petit muret sympathique.

Le redémarrage s’effectue sur un chemin toujours aussi boueux…Nous faisons une halte à la petite église de Cazal entourée de cyprès majestueux. Ensuite, nous traversons le village d’Ilhat et ses drôles de figurines composées à partir de pots de fleurs. La longue côte qui suit, est particulièrement exigeante, mais en haut, la vue dégagée est une belle récompense.

Soudain, dans la descente, nous pataugeons dans une boue incroyable. De plus, le bourbier est bordé, de chaque côté par une forêt impénétrable. Aucune échappatoire possible. Plop, plop et replop… tel est le bruit fait par nos chaussures maculées de boue. Bref, chacun essaie de rester, tant bien que mal… debout. Christine B, qui ne manque pas d’humour, précise que dans notre malheur nous avons de la chance car, dans le bois de Mouillet…, il aurait pu pleuvoir ! Quant à sa sœurette, elle se prend subitement pour Jane Birkin et se met à chanter : « la gadoue, la gadoue… ». Bouh, bouh…s’exclament ses copains et copines, car naturellement elle chante faux !

Arrivés à Lieurac, le rusé René, nous propose un beau chemin enherbé qui nous conduit tout droit à un lavoir, ce qui nous permet d’enlever les kilos de boue accumulés sur les chaussures et les bâtons. Un peu plus tard, nous nous arrêtons à Pamiers, afin de nous remettre de nos émotions et déguster une boisson offerte par Geneviève D (merci à elle). En clair, une bien belle randonnée de 17 km, pour 600 mètres de dénivelé, menée de main de maître par René, qui reçoit des applaudissements mérités de toute  la troupe. Nous avons été des privilégiés de pouvoir admirer les cascades de Roquefort avec ce débit d’eau exceptionnel. Il arrive que certains lieux, comme celui-ci, procurent le sentiment de franchir une frontière invisible qui laisse derrière elle le monde profane de la vie courante, pour entrer dans l’univers de la beauté.
Jean-Michel

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