CR de Jean-Michel / Cordes-sur-Ciel / 13 janv. 2022

Alors que le brouillard envahit tout, les 22 Floripèdes en tenue de randonneurs frigorifiés démarrent les réjouissances sous les ordres de Geneviève, dans cette belle cité de Cordes-sur-Ciel accrochée sur la crête du Puech de Mordagne et qui s’apprête à fêter son du 800ème anniversaire. Pour notre plus grand bonheur, nous évoluons dans l’une des plus anciennes bastides d’Occitanie, fondée en 1222 par Raymond IV, comte de Toulouse.

L’ascension se fait à travers les ruelles escarpées et pavées. On s’immerge d’un seul coup dans l’atmosphère médiévale : portes fortifiées, remparts, façades gothiques sculptées et détails architecturaux ciselés. Le charme opère au premier pas. Le brouillard aidant, nous sommes un peu hors du temps. Nous franchissons rapidement la porte de l’Horloge à 9h15 et nous pouvons admirer les échoppes, la maison du Sénéchal, la Maison du Grand Fauconnier, la maison du Grand Ecuyer, la façade du musée Charles Portal, la porte des Ormeaux, la rue chaude… Sans doute à la recherche de l’inspiration artistique, les peintres, écrivains, céramistes, sculpteurs ou bijoutiers y sont très nombreux.

Nous quittons cette très belle cité, à regret, par une sente bien pentue et légèrement boueuse. Le brouillard inonde aussi la campagne, des vapeurs s’allongent à l’horizon, d’autres se déchirent, montent, se perdent… pendant qu’en file indienne les Floripèdes font très attention à l’endroit où ils posent les pieds. De toute façon, le paysage alentour se limite aux arbres fantomatiques, et quelques fois givrés, qui émergent dans la brume. Colette, qui a plus d’une corde à son arc, joue les miss météo en pronostiquant la sortie du soleil dans peu de temps. La suite nous dira si la très chère secrétaire, régionale de l’étape, possède des dons en ce domaine (ou pas).

A la croisée des chemins,  les six ou sept guides assistants (baroudeurs rompus à l’exercice ou blancs becs débutants, mais tous de la gent masculine…) donnent à Geneviève, chacun à leur tour, des avis sur la direction à prendre, très souvent contradictoires… Celle-ci, d’un calme olympien, essaie de faire la synthèse de ce qu’on lui explique et très vite fait semblant d’écouter tout le monde pour mieux prendre ses décisions toute seule en se concentrant sur sa carte, de façon à avancer… dans le brouillard. Le bonheur est sur le chemin.

Dans une chênaie qui domine la vallée, nous apercevons un très beau viaduc de chemin de fer, qui provoque divers commentaires éclairés alors que le ciel se découvre enfin. Malheureusement, à l’approche de Souel, le soleil disparaît à nouveau. C’est donc dans une relative fraîcheur que le déjeuner se déroule sur la petite place derrière la mairie de ce village, sur un muret accueillant. Un Border collie grappille quelques miettes puis, sans aucun remerciement, détale aussi vite que les Floripédes, pressés de se réchauffer un peu.

Nous empruntons ensuite un joli sentier enherbé au milieu des vignes, avant de plonger, avec le soleil revenu, dans un bois qui domine une très belle pièce d’eau, au fond d’un magnifique vallon. Mais, le plus beau reste à venir. Une montée exigeante, dans un sous-bois, chauffe les mollets et fait taire les Floripèdes, même les plus bavards… Tout en haut, la vue sur Cordes-sur-Ciel est en mode « carte postale ». Tous les amoureux des beaux sites sont admiratifs. Il est vrai que c’est un spectacle qui enthousiasme. Afin d’immortaliser l’instant, un brave promeneur est réquisitionné afin de faire la photo de groupe. Nous sommes tous estomaqués (vu le nombre que nous sommes), d’avoir pu réaliser cet exploit… jusqu’à ce que nous apercevions ce cher Jean venir vers nous, le sourire aux lèvres, car certes il a manqué la photo du siècle mais il a récupéré, quelques pas en arrière, ses chers bâtons. Après avoir quelque peu chambré l’ex Président (qui ne s’en offusque nullement), bouclé 18 kilomètres (avec un dénivelé de 590m, sur une durée de 6h), nous arrivons dans les faubourgs de «notre» cité médiévale, où Geneviève reçoit des louanges méritées, tout droit venues de nos cordes…vocales.

Pour la petite histoire le ciel, ne pouvant plus attendre, son nom fut en 1993, officiellement accolé à celui de Cordes. Leurs noces remontaient au moyen âge, depuis que la cité de pierres se hissant sur un promontoire était montée jusqu’au ciel. Quel vertige ! Du ciel à l’espace il n’y a qu’un pas, aussi on relèvera cette pensée de Thomas Pesquet inscrite sur la porte du Musée Art, Histoire et Patrimoine Charles Portal : « l’homme a toujours eu besoin de se confronter à des choses qui le dépassent. C’est en sortant de sa zone de confort qu’on apprend ».

Jean-Michel

Il reste 2 commentaires Aller aux commentaires

  1. Geneviève Dubois /

    avec retard, même chose que Geneviève présidente

  2. Amy /

    Bravo et merci Jean Michel, pour ton enthousiasme et ta belle plume.

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