CR de Nicole C. – AVIGNONET-LAURAGAIS (Hte Garonne) – 6 nov. 2018 – menée par Françoise M.

AVIGNONET-LAURAGAIS

Ce mardi 6 novembre, Avignonet-Lauragais accueille  notre équipe de 20 floripédistes. C’est Françoise qui va nous conduire le long du canal du Midi, sur les pas de Riquet. Au temps du baron de Bonrepos, ce village se nommait « Vignonet », village des vignes.

Ici siégeait un tribunal dirigé par deux inquisiteurs légats du le Pape  : Guillaume Arnaud et Étienne de Saint-Thibéry qui luttent contre le catharisme. Le 28 mai 1242, à la tombée de la nuit, des faydits autour de Pierre-Roger de Mirepoix descendent de Montségur et massacrent les inquisiteurs et leur suite à coups de hache faisant 11 victimes. Ce ne sera que l’un des derniers soubresauts de résistance avant le siège de Montségur. En 1244, devant cette citadelle, vont mourir sur le bûcher les derniers cathares qui s’y étaient réfugiés. Aujourd’hui, un croisé (Simon de Montfort pour certains) monte la garde près de la tour poivrière.
http://www.couleur-lauragais.fr/pages/journaux/2002/cl44/histoire.htm

Depuis le moyen âge, Avignonet voue un culte à la Vierge Marie. La construction de l’église Notre-Dame-des-Miracles de style gothique, débute vers 1385 et durera un siècle. Elle se situe sur l’emplacement de l’ancienne église castrale détruite lors du passage du Prince noir en 1335. Le clocher polygonal s’élève à 42 mètres. Sa base carrée est décorée d’arcatures aveugles surmontée de deux étages polygonaux. Une flèche de 10 mètres surplombe le tout. C’est ici que Colette récupère notre valeureux Serge stationné plus haut dans le village.
Notre équipe au complet est alors prête à rejoindre le quai de l’écluse simple d’Emborrel ou En Borrel. Le toponyme Enborrel,  En Borrel,  « Borrel » vient de l’occitan boria, ferme, domaine agricole. Quant à la préposition en,elle est issue du latin domine, qui donne monsieur en occitan.
La rousseur des feuillages tamise une douce lumière auburn qui n’arrive cependant pas à répandre son glacis sur une imposante péniche anthracite. Nous prenons le chemin de la plus haute colline qui culmine à 289 mètres. Au sommet, le village de Montferrand nous offre de nombreuses surprises patrimoniales et religieuses. Situé sur l’ancienne voie d’Aquitaine, Montferrand possède un site archéologique unique : le site paléochrétien de PEYRECLOUQUE. Des fouilles ont permis d’y mettre à jour des thermes ainsi que des nécropoles du VIe siècle rassemblant près de 140 sépultures essentiellement des sarcophages.

Sous la protection de saint Pierre, l’église du XIIe siècle Saint-Pierre-d’Alzonne accueille un ensemble de 17 stèles discoïdales du XIe au XIVe siècle provenant du cimetière voisin. http://sgdelestaing.pagesperso-orange.fr/Francais/StelesMontferrand.htm. On appelait ces roches pierres de Naurouze ou pierres d’Alzonne. Ce toponyme fait référence à un lieu situé sous la butte de Montferrand.

Comme par enchantement, la belle découverte du hameau de vieilles pierres révèle des ruines castrales sur la route des chemins de Saint-Jacques de Compostelle. En surplomb de la plaine du Lauragais la porte de l’intime chapelle nous est ouverte ; nous nous y attardons un instant et profitons de cette atmosphère sereine avant de prendre le chemin du retour.
Le belvédère est dominé par la balise de l’aéropostale, l’un des derniers phares aériens encore existants. Un magnifique panorama s’ouvre sur le sillon du Lauragais, la Montagne noire et au-delà, les collines de la Piège. Notre ballade se termine par la traversée du charmant village d’Avignonet aux anciennes demeures bien entretenues.

Merci à Françoise pour cet après midi enchanteresse entre nature, histoire et patrimoine.

À la prochaine.

Nicole C.

Laisser un commentaire